Résumés des présentations orales et par affiche

PRÉSENTATIONS ORALES

KARINE BOUCHER

LE CINÉTHIQUE COMME OUTIL PÉDAGOGIQUE EN ÉTHIQUE CLINIQUE

Karine Boucher1, Antoine Payot1, Nathalie Gaucher1


1 Université de Montréal

Contexte:

Peu de méthodes pédagogiques ont fait leurs preuves pour enseigner le pluralisme des valeurs et apprendre à composer avec des valeurs différentes en contexte clinique.

Objectif:

L’objectif de ce projet est de documenter si un atelier pédagogique basé sur le visionnement d’un film facilite un changement individuel de posture sur le thème de L’aide à mourir et permet de mettre en lumière les valeurs qui sous-tendent cette posture.

Méthodologie:

L’activité pédagogique comprend le visionnement d’un film racontant la quête d’un homme quadraplégique pour obtenir l’aide à mourir, suivi d’une discussion en groupe animée par un formateur. Cette formation est obligatoire pour les résidents des programmes de médecine spécialisée de l’Université de Montréal depuis 2014. Un questionnaire pré/post atelier a été développé pour en évaluer les impacts chez les résidents. Tous les participants à l’atelier ont été invités à le compléter sur une base volontaire et anonyme. Avant et après l’atelier, on leur demandait de se positionner sur une échelle de 100 mm bidirectionnelle à savoir s’ils envisageraient fournir de l’aide à mourir dans cette situation clinique et d’expliquer leurs réponses.

Résultats:

En 2014 et 2015, 336 résidents et 15 cliniciens formateurs ont complété le questionnaire suite à l’atelier. Parmi eux, 4 animateurs (27%) et 156 résidents (48%) ont changé leur posture sur l’aide médicale à mourir de manière significative (définie comme une variation de 10mm sur l’échelle). Cette variation a été vers une plus grande ouverture à offrir de l’aide à mourir pour les 4 animateurs et pour 74 résidents et vers moins d’ouverture à l’offrir pour 82 résidents.

Conclusion:

Ces résultats démontrent que l’atelier a amené un changement de posture chez environ la moitié des participants. L’analyse des explications soutenant ces postures est en cours et devrait permettre d’évaluer s’il y a eu progression de la compréhension des valeurs et autres enjeux sous-tendant ces postures.

MÉLISSA WALDNER

CHILD MENTAL HEALTH ETHICS NORMS, PRINCIPLES AND GUIDELINES: A SCOPING REVIEW PROTOCOLE

Melissa Waldner1, Emilie Laberge-Perrault1, Marjorie Montreuil1


1 Ingram School of Nursing, McGill University, Montreal, Quebec

Background:

In Canada, no recognized ethics framework exists in child mental settings to guide decision-making, even though healthcare providers in this context are daily faced with ethical concerns (e.g. use of control measures; confidentiality). Differences between children and adults in mental health care sheds light on concerns that are especially prominent in this population, such as vulnerability, agency, inclusion and meaningful assent. This warrants the research and construction of an ethics framework to guide clinical practice.

Objective:

To identify ethical norms, principles and frameworks used in child mental health practice.

Methods and analysis:

We used a scoping review methodology guided by the Joanna Briggs Institute, and aided by a certified librarian, we designed a search strategy for key health databases. A data extraction template was designed to record the characteristics of the identified norms, principles and frameworks, how they are being used in practice, the outcomes of their use, and the underlying values and “social imaginaries”. Social imaginaries are the shared meanings, understandings, and experiences common to a particular social group that influences the way norms and principles are interpreted and implemented. Challenges and use of guidelines will also be discussed.

Dissemination:

The review will be part of a larger body of work, in which we plan to engage children, parents, and healthcare providers in the development of a national ethics framework for child mental health practice in Canada.

BERTRAND LAVOIE

LA SALLE D'URGENCE ET LE PLURALISME DES VALEURS, ENTRE DISTANCE ET PROXIMITÉ

Bertrand Lavoie1


1 Université de Sherbrooke

Les différents professionnels de la santé dans une salle d’urgence (infirmières et médecins principalement) doivent prendre des décisions quotidiennes concernant leurs pratiques d'harmonisation, lesquelles impactent la vie des patients et de leurs proches. Ces décisions sont de plusieurs ordres : aménagement de l'espace (intimité ou accompagnement familial), respect de divers obligations religieuses (liées notamment à des fêtes ou à des rituels), réponses devant des refus de soins ou encore (in)disponibilité d’interprètes en cas d'incompréhensions linguistiques. Comment ces pratiques d’harmonisation se matérialisent-elles dans une salle d’urgence, alors que le temps est compté et que la vitesse d’exécution des tâches est garante de la sécurité des patients ? L’objectif de cette communication est de décrire différentes pratiques d’harmonisation observées dans deux salles d’urgence entre les mois de mai à septembre 2019. Suivant la méthode de l’ethnographie, j’ai été jumelé à des infirmières et à des médecins pour un total de plus de 150 heures d’observation sur place représentant près de 1 000 pages de notes manuscrites, incluant 36 entrevues ethnographiques et 32 entrevues semi-dirigées. Ayant accès à l’ensemble des secteurs des deux salles d’urgence (triage, observation, pédiatrie, cardiologie et traumatologie), je propose de décrire ces pratiques d’harmonisation par le terme de « sollicitude rythmée par le temps », soit la présence de multiples gestes, paroles et décisions qui poursuivent une volonté d’aider, de rassurer et de soigner, en ayant une seule et même contrainte : le temps. Cette forme particulière de sollicitude correspond à ce que la sociologue Lori Beaman nomme «l'égalité profonde», soit une conception fragile de l'égalité, qui transcende toutefois le droit, le politique et les normes institutionnelles, construite au travers des multiples micro-processus quotidiens et fondée sur le respect agnostique, la recherche d'un but commun et un idéal de coopération entre personnes ayant des valeurs pourtant distinctes.

ÉMILIE THIVIERGE

FRAGILITÉ ET RÉSILIENCE: PERSPECTIVES PARENTALES DE LA PRÉMATURITÉ EXTRÊME

Émilie Thivierge1,2, Thuy Mai Luu1,2, Laurie Anne Duquette1,2, Magdalena Jaworski1,2, Thuy-An Mai-Vo1,2, Claude Julie Bourque1,2, Rebecca Pearce1,2, Annie Janvier1,2


1 CHU Sainte-Justine,2 Université de Montréal

Introduction:

La prématurité extrême est associée à des risques significatifs de décès et de séquelles. De nombreux éthiciens et critiques de la néonatologie dénoncent les impacts négatifs de la prématurité sur les familles.

Objectif :

Explorer la manière dont les parents d’enfants extrêmement prématurés vivent les répercussions de la prématurité extrême.

Méthode:

214 nouveau-nés consécutifs nés à <29 semaines ont été évalués en clinique de suivi néonatal en 2018-2019. Leurs parents ont répondu à un questionnaire sur les impacts de la prématurité sur eux et leur famille 1.5, 3, 5 ou 7 ans après leur naissance. Les réponses ont été analysées en utilisant des méthodes mixtes.

Résultats:

249 réponses parentales ont été recueillies (participation : 98%). La majorité des parents (76%) ont rapporté des impacts positifs ET négatifs, alors que certains parents n’ont mentionné que des impacts positifs (16%) et d’autres uniquement des aspects négatifs (8%). Les principaux thèmes positifs évoqués étaient un changement de perspective sur la vie (49%), le rapprochement familial (33%) et l’enfant lui-même (28%): « Voir la vie différemment (importance du moment présent et lâcher prise) »; « Elle est un miracle dans nos vies »; « Il a soudé notre famille et nos amis ». Les principaux impacts négatifs rapportés par les parents étaient le stress et la peur (39%), la perte d’équilibre reliée à la fragilité médicale de l’enfant (33%) et les inquiétudes reliées au développement de leur enfant (18%) : « La peur de perdre nos bébés, l’hypervigilance qui perdure depuis notre sortie de l’hôpital »; « Sentir que je vis la maternité de façon anormale, solitude ».

Conclusion:

La vision parentale de la prématurité est balancée, avec des impacts positifs et négatifs, contrairement à la vision médicale. En effet, malgré les défis, ces enfants enrichissent grandement les parents et leurs familles.

PRÉSENTATIONS PAR AFFICHE

JUSTINE FORTIN

ENRICHIR NOTRE COMPRÉHENSION DE LA VULNÉRABILITÉ GRÂCE AUX EXPÉRIENCES ET AUX PERSPECTIVES DES PERSONNES VIVANT AVEC UNE MALADIE MENTALE

Corinne Lajoie1,2, Justine Fortin1,3, Eric Racine1,3,4


1 Institut de recherches cliniques de Montréal2 Université de Pennsylvanie3 Université de Montréal4 Université McGill

La vulnérabilité est un concept central en éthique de la recherche et sert généralement à identifier des individus ou des groupes dont la participation à une recherche soulève des préoccupations spécifiques ou mérite une attention particulière. Les analyses théoriques de la vulnérabilité ont grandement contribué aux discussions sur la recherche et les soins en santé mentale, mais elles n’ont pas encore été enrichies par les points de vue des parties prenantes. Cet oubli a des conséquences importantes sur la manière dont nous définissons la vulnérabilité. Ces discussions pourraient grandement bénéficier du savoir expérientiel des participant(e)s à la recherche en santé mentale dont ce concept éthique cherche à capturer les expériences. Face à cette lacune, notre étude table sur un cadre éthique pragmatique et une analyse phénoménologique interprétative d'entrevues qualitatives afin d'explorer les perspectives d’individus vivant avec un problème de santé mentale et/ou travaillant comme défenseur(e)s des droits des individus vivant avec un problème de santé mentale sur la notion de vulnérabilité. Les résultats de cette étude montrent que le concept de vulnérabilité mène à une diversité de perceptions, mais deux tendances majeures s’en dégagent. Certains perçoivent la vulnérabilité péjorativement, comme si le terme les emprisonnait. D’autres perçoivent la vulnérabilité comme une force. Ces perspectives offrent des indices clef pour résoudre de manière concrète et pratique les difficultés liées à la mise en œuvre des préoccupations relatives à la vulnérabilité.

ARIANE QUINTAL

UN PROJET DE RECHERCHE-ACTION PARTICIPATIVE AXÉ SUR LA COMPRÉHENSION ET LA RÉSOLUTION DES SITUATIONS ÉTHIQUEMENT PROBLÉMATIQUES LIÉES AUX MALADIES RARES

Ariane Quintal1,3

Gail Ouellette2

Eric Racine1,3,4,5,6


1 Unité de recherche en éthique pragmatique de la santé, Institut de recherches cliniques de Montréal2 RQMO3 Département de médecine sociale et préventive, École de santé publique de l'Université de Montréal4 Département de médecine, Faculté de médecine de l'Université de Montréal5 Biomedical Ethics Unit, McGill University6 Department of Neurology and Neurosurgery & Medicine, McGill University

Étant mal comprises par la communauté médicale, les maladies rares sont complexes à diagnostiquer et à traiter adéquatement. Les délais diagnostics et la détérioration de l’état de santé qui en découlent s’ajoutent au fardeau quotidien posé par les symptômes de ces maladies rares. Les maladies rares engendrent des situations éthiquement problématiques (SEP) pour les personnes qui en sont atteintes, leurs proches aidants et les cliniciens. Ces parties prenantes sont confrontées à des prises de décisions complexes qui opposent leurs valeurs, leurs besoins ou leurs préférences. Les sacrifices financiers familiaux en vue d’un traitement dispendieux, le recours à une intervention chirurgicale expérimentale et la formation des cliniciens sur les maladies rares sont des exemples de ces SEP qui émergent au quotidien et dans le milieu clinique. Ce projet de recherche-action participative a pour premier objectif de caractériser les SEP soulevées par les maladies rares à partir des perspectives de leurs parties prenantes. Les SEP étudiées seront précisément celles vécues par les personnes atteintes de maladies rares, leurs proches et les cliniciens au quotidien ou dans le milieu clinique. Le deuxième objectif du projet est de développer un plan d’action visant à soutenir la résolution de 2-3 SEP clées. Un comité consultatif formé de parties prenantes participera au développement du projet. Le premier objectif sera atteint par (1) une analyse éthique de la littérature, (2) 45 entrevues semi-dirigées (15 patients, 15 proches aidants, 15 cliniciens) et (3) un sondage Delphi effectué auprès de >50 personnes atteintes de maladies rares. Le deuxième objectif sera atteint par une délibération avec le comité consultatif sur des moyens envisageables (ex. : formation en ligne, dépliant) pour soutenir la résolution de 2-3 SEP préoccupantes parmi celles préalablement identifiées. Une description du protocole et des résultats préliminaires de l’analyse éthique de la littérature seront offerts lors de cette présentation.

ÉMILIE THIVIERGE

LE VERRE À MOITIÉ PLEIN: LA PERSPECTIVE ET LE REGRET DÉCISIONNEL DES PARENTS D'ENFANTS NÉS EXTRÊMEMENT PRÉMATURÉS

Émilie Thivierge1,2, Thuy Mai Luu1,2, Thuy-An Mai-Vo1,2, Laurie Anne Duquette1,2, Claude Julie Bourque1,2, Magdalena Jaworski1,2, Annie Janvier1,2


1 CHU Ste-Justine2 Université de Montréal

Introduction:

La prématurité extrême (âge gestationnel <29 semaines) est associée à des risques significatifs de décès ou de séquelles à long terme. Plusieurs éthiciens et spécialistes jugent que la vie des enfants extrêmement-prématurés et de leur famille est si difficile que certains parents regretteraient ne pas avoir opté pour des soins palliatifs à la naissance. Ainsi, nombreux sont ceux qui recommandent les soins palliatifs afin d’éviter ces impacts à long terme.

But:

Explorer la manière dont les parents d’enfants extrêmement-prématurés perçoivent la vie de leur enfant ainsi que leur regret décisionnel.

Méthodes:

Nous avons questionné les parents de 214 nouveau-nés consécutifs, nés à <29 semaines, évalués en clinique de suivi néonatal en 2018-2019.

Résultats:

249 réponses ont été recueillies (taux de participation 98%). En moyenne, les parents évaluent la santé de leur enfant à 8/10. Au niveau des améliorations souhaitées, les principaux thèmes mentionnés étaient le retard développemental (65%), la santé pulmonaire ou la fragilité médicale globale (35%) et les problèmes comportementaux (21%); 23% des parents ne souhaitaient aucune amélioration. Lorsque questionnés à propos de ce qu’ils auraient fait différemment, 66% des parents répondent qu’ils ne changeraient rien; 36% changeraient un aspect de leur rôle parental en néonatalogie; 27% regrettent qu’eux-mêmes ou les cliniciens n’aient pas plus fait pour prévenir la naissance prématurée de leur enfant. Aucun parent n’aurait souhaité prendre une décision différente quant aux décisions de vie ou de mort à la naissance de leur enfant ou durant leur séjour en néonatalogie.

Conclusion:

Les parents d’enfants extrêmement-prématurés évaluent la vie de leur enfant très positivement. Une minorité des parents ont des regrets mais aucun parent regrette les interventions médicales prodiguées à leur enfant. Contrairement à ce qui est cité en "opinion-based medicine", les soins palliatifs ne sont pas une solution pour éliminer le regret décisionnel parental.

KIM CHAGNON

COMMENT ENGAGER LES ENFANTS EN TANT QUE PATIENTS-PARTENAIRES: RECENSION EXPLORATOIRE DES ÉCRITS

Kim Chagnon1, Marjorie Montreuil2, Mélanie Lavoie-Tremblay3


1 Masters Candidate, Ingram School of Nursing, Université McGill, Centre universitaire de santé McGill, Montréal, QC, Canada2 Assistant Professor, Ingram School of Nursing, McGill University, Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, Montreal, QC, Canada3 Associate Professor, Ingram School of Nursing, McGill University, Centre de Recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal, QC, Canada

Buts:

L’objectif de cette recension exploratoire des écrits est d’examiner la littérature disponible sur les différents modèles employés pour engager activement les enfants en tant que patients-partenaires dans leurs soins de santé. Nous désirons aussi explorer comment ces modèles ont été utilisés, ainsi que noter les problématiques éthiques identifiées et comment elles ont été abordées.

Méthodes:

Nous employons la méthodologie du Joanna Briggs Institute pour revues de littérature. Nous avons élaboré une stratégie de recherche dans des bases de données à l’aide d’une bibliothécaire certifiée. Ceci nous permet d’explorer les modèles qui ont été employés afin d’engager activement les enfants dans leurs soins. Pour être incluses, les études doivent avoir été publiées entre 1980 et 2019 et traiter des enfants en tant que patients-partenaires.

Résultats préliminaires:

Des résultats préliminaires suggèrent qu’une relation asymétrique se forme entre l’enfant et le professionnel lorsque celui-ci se concentre davantage sur l’opinion des parents. Certains modèles proposent de passer à une approche centrée sur l’enfant, en considérant les enfants comme agents actifs dans leurs soins de santé. C’est-à-dire impliquer l’enfant activement dans la planification des soins en le faisant participer à la prise de décision. Selon un autre modèle, trois acteurs sont impliqués dans ses soins: le professionnel, le parent et l’enfant. Il s’agit d’une relation triadique, où le professionnel doit aussi s’assurer d’établir un partenariat avec l’enfant.

Pertinence clinique:

Le concept d’engagement des patients en recherche et soins de santé est maintenant considéré comme meilleure pratique. Malheureusement, peu de littérature existe à ce sujet chez les enfants, le regard étant souvent porté sur les parents. L’engagement des enfants soulève certaines considérations éthiques. Toutefois, cela ne devrait pas empêcher leur implication. Nous recensons donc des modèles qui permettent d’engager les enfants de manière éthique comme patients-partenaires. Cette recension sera pertinente pour tout chercheur, clinicien ou administrateur désirant inclure les enfants en tant que patients-partenaires.

VANESSA CHENEL

LA TRAJECTOIRE DE VIE: UN OUTIL DE SOUTIEN À LA DISCUSSION POUR LES CONSULTATION EN ÉTHIQUE CLINIQUE

Vanessa Chenel1, Manon Joyal1, Delphine Roigt1, Nora Sfihi2


1 Conseillère en éthique, Service d’éthique, Direction de la Qualité de l’Évaluation, de la Performance et de l’Éthique, CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal2 Adjointe à la directrice, Responsable du Service d'éthique, Direction de la Qualité de l’Évaluation, de la Performance et de l’Éthique, CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal

Les conseillers en éthique peuvent être appelés en consultation lorsque des situations cliniques complexes nécessitent un nouveau regard sur le malaise en place. Dès lors, cet exercice éthique requiert de dresser un portrait complet de la situation afin de convenir des différents scénarios possibles. Cependant, cet exercice n’est possible que via un langage et des repères communs. Différents cadres ont été développés pour soutenir la réflexion dans plusieurs contextes (i.e., maladies chroniques, maladies graves, fin de vie). Par exemple, le cadre sur les soins palliatifs au Canada propose une stratégie pour une transition optimale entre la prise en charge de la maladie et les soins palliatifs, avec l’importance de la discussion sur les différentes options en exergue. Aussi, la participation des aidants de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer étant primordiale à l’établissement du traitement optimal de leur proche, la compréhension de leur perception est nécessaire. L’examen de ce que constitue un traitement pour ces aidants a permis de cadrer leur représentation en termes d’efficacité recherchée (stabilisation, ralentissement ou guérison de la maladie), de nature des attentes (visée préventive, symptomatique ou curative) ou encore d’impact attendu (cognitif, fonctionnel ou comportemental). Or, afin de dénouer une situation complexe en éthique clinique, aucun outil ne permet de soutenir les discussions d’un point de vue global en intégrant l’ensemble des enjeux à considérer pour établir un plan de traitement optimal. À cette fin, une trajectoire de vie est proposée comme référentiel en renfort aux différentes thématiques abordées en consultation en éthique. Dans une visée participative et dialogique et en vue de situer l’usager au centre des soins, cette trajectoire permet de mettre en perspective les objectifs de vie et de soins ainsi que la nature appropriée et proportionnée des soins, tout en sensibilisant de manière pédagogique à l’arrimage entre ces aspects.

MARTA MARTISELLA

ÉTUDE LONGITUDINALE ET DÉVELOPPEMENT D'INDICATEURS ET DE MESURES DE SUIVI ET D'ÉVALUATION EN SOINS PALLIATIFS PÉDIATRIQUES AU CHU SAINTE-JUSTINE

Marta Martisella Gonzalez1,2, Claude Julie Bourque1,2,3,4,5, Marc-Antoine Marquis2,3,6, Marie-Claude Levasseur1,2,4, Lysanne Daoust6, Isabelle Desjardins7, Geneviève Cardinal2,8, Carol Beaudry9, Marie-France Langlet2,10, Michel Duval2,3,4,11, Nago Humbert6, Antoine Payot1,2,3,4,6,10,12, Marie-Eve Bouthillier13


1 Doctorat en éthique clinique, Bureau de l'éthique clinique, Faculté de médecine, Université de Montréal2 Unité de Recherche en éthique clinico-organisationnelle et partenariat famille, CHU Sainte-Justine3 Département de pédiatrie, Faculté de médecine, Université de Montréal4 Unité d'éthique clinique, CHU Sainte-Justine5 Centre de psycho-oncologie, CHU Sainte-Justine6 Unité de soins palliatifs pédiatriques, CHU Sainte-Justine7 Service des archives, CHU Sainte-Justine8 Comité d'éthique de la recherche, CHU Sainte-Justine9 Leucan10 Bureau du partenariat patients, familles, soignants, CHU Sainte-Justine11 Service d’hématologie-oncologie, CHU Sainte-Justine12 Service de néonatologie, CHU Sainte-Justine13 Bureau de l’éthique clinique, Faculté de médecine, Université de Montréal

Problématique:

Depuis 2000, une unité de soins palliatifs pédiatriques s’est développée au CHU Sainte-Justine, mais son évolution n’a pas encore fait l’objet d’une évaluation scientifique. Par conséquent, le développement d’un outil devient nécessaire afin de mesurer l’impact et le rayonnement de ses activités et d’en évaluer les forces et les limites de manière longitudinale afin de baser les stratégies d’optimisation des interventions sur des données probantes.

Méthode:

Une base de données mixtes a été créée à partir des archives de l’unité pour la période 2000-2019, comprenant plus de 400 cas détaillés. Des statistiques descriptives sont utilisées pour calculer les fréquences des variables principales et produire une cartographie institutionnelle des secteurs d’interventions dans lesquels l’unité se déploie. Les écarts de temps ont été calculés entre les dates de diagnostic, de première intervention et de décès. Parallèlement, une analyse documentaire des archives sert à décrire les interventions réalisées et dégager des enjeux de recherche en éthique. Des modèles de procédures pour peupler la base de données en continu sont testés.

Résultats:

Les forces identifiées sont la qualité du suivi et des interventions ainsi que l’intégration d’une dimension formative et de soutien pour les équipes soignantes. Les principaux défis sont associés à l’inexistence actuelle d’un modèle de suivi longitudinal et des données probantes sur les besoins non comblés et la satisfaction. Ces données nous permettent de mieux documenter l’évolution de l’approche palliative et de développer des indicateurs et des mesures d’impact pour mieux encadrer et soutenir le développement et le rayonnement de l’institution. Les dimensions éthique et interdisciplinaire de ces soins sont identifiées comme centrale dans les études à venir.

AMARYLLIS FERRAND

FACTORS THAT CAN INFLUENCE MEDICAL PROGNOSIS: A SCOPING REVIEW

Ferrand A, Poleksic J, Payot A, Racine E.

Introduction:

The course of pregnancy can be complicated by findings of congenital malformations of the fetus or threatened preterm labour leading to risk of prematurity. Physicians’ prognosis regarding the outcomes of these high-risk pregnancies plays an important role in counselling parents for the critical decisions that may ensue. There is substantial discrepancy and variability in medical prognostication, influenced by many factors not yet well understood. However, identification of these factors is key to enhance prognostic accuracy for more appropriate directive counselling.

Objectives:

The aim of this study is to review the literature on the factors leading to prognostic discrepancies in adult and pediatric medicine

Methods:

A scoping review was conducted in Medline and Embase. Empirical peer-reviewed research articles that measured discrepancy in prognosis or discussed factors leading to prognostic discrepancies in adult and pediatric medicine were included. Articles written in English or French from 1970 to today were included. Editorials and opinion letters were excluded. All articles included were analyzed to list and categorize factors leading to prognostic discrepancy.

Results:

A total of 4723 articles were found and 75 analyzed. There are various models of prognostic discrepancy. The majority of articles found that physicians were pessimistic in their prognoses. Factors influencing prognostication may be attributable to the physician (physician’s values, implicit attitudes and psychological biases), attributable to the patient (age, ethnicity, socio-economic status), attributable to the situation (the physician-patient relationship) or attributable to the environment (hospital setting, country of practice).

Conclusion:

Literature regarding prognostic discrepancy is heterogeneous and sparse. Identification of factors influencing prognosis can guide the development of an empirical research protocol to identify and decrease the impact of these factors for prognostication in high-risk pregnancies.